Le viol de l’homme par une femme est-ce un Mythe ?

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Le viol de l’homme par une femme est-ce un Mythe ?

19 nov. 2019

Le viol de l’homme par une femme est-ce un Mythe ?

Le viol de l’homme par une femme

 

Je cite : « Quand un homme a des rapports sexuels avec une femme sans son consentement, c'est un viol. Mais peut-on justement parler de viol lorsqu'une femme oblige un homme à avoir des rapports sexuels avec elle, sans son consentement ? Ce n'est pas un viol en vertu des lois de l'Angleterre et du Pays de Galles, mais l'auteur d'une nouvelle étude sur le phénomène dit que cela devrait peut-être être considéré comme tel. »

 

            Longtemps tenu secret, et considérer par la plupart des gens comme des anecdotes amusantes, il m’a semblé important de me pencher sur cette étude sérieuse qui met en avant un questionnement sur le phénomène du viol dont les auteurs et victimes peuvent être des deux sexes.

Un médecin, de la faculté de droit de l'Université de Lancaster, a effectué la première recherche sur la pénétration forcée au Royaume-Uni en 2016-2017, recueillant des informations auprès de plus de 200 hommes via une enquête en ligne.

Cette étude - basée sur des entretiens individuels avec 30 hommes, entre mai 2018 et juillet 2019 - explore plus en détails le contexte dans lequel la pénétration forcée se produit, ses conséquences et la réponse du droit pénal.

 « Gary » explique que le premier signe que quelque chose n'allait pas, fut lorsque sa partenaire a commencé à se scarifier. Inquiet de voir sa compagne dans cet état, il l’a conduit à l’hôpital. Le couple a passé des heures à discuter des causes psychologiques possibles. Durant quelque temps la situation s’est calmée et tout semblait redevenir normal.

Six mois plus tard, elle s'est en prise à lui. Il dit

"J'étais assis dans le salon. Elle est arrivée de la cuisine, m'a frappé très fort sur le nez et s'est enfuie en riant. » Ce qui semblait n’être « qu’un accident » l’a conduit vers autre chose. « La violence a alors commencé à se reproduire assez régulièrement."

Il dit : « En rentrant du travail, elle exigeait d’avoir des relations sexuelles. Elle ne tolérait aucun refus de ma part. C’est à partir de ce moment, que j’ai commencé à avoir très peur de la croiser, qu’elle exige de moi par la force. Son attitude était à l’opposé du respect mutuel du début de notre relation. Ce n’était plus elle ou du moins une partie d’elle dont j’ignorais tout…

« J’ai alors refusé ce type de rapport, n’imaginant pas notre relation évoluée vers ce genre de pratique. »

Ce qui me semble intéressant dans ce témoignage, c’est l’attitude d’angoisse rapportée par ces mots : (Elle était violente, j'ai commencé à redouter ses retours à la maison, ses attitudes totalement étranges m’effrayaient, j’ai vu une transformation lente vers l’agressivité.", Nous trouvons ses mêmes propos dans le cas inverse (une femme violée).

 Il ajoute d’ailleurs.

 

« On a peur d'en parler, et quand on en a peur, on ne nous croit pas. » C’est une sidération, un état d’angoisse opposé à la réalité

Il poursuit : « Quelque temps plus tard, je me suis réveillé, mon bras droit menotté au lit. Elle a commencé à me frapper à la tête avec un objet, avant de m’attacher l'autre bras avec une corde de nylon. Elle a essayé de me forcer à avoir des rapports sexuels. »

Effrayé et souffrant, Gary a refusé de se plier à ses exigences – il poursuit son témoignage :

« C’est alors qu’elle m'a frappé à nouveau en me laissant enchaîner pendant une heure, avant de revenir me libérer. J’étais sous le choc de ce que venait de vivre. J’ai tenté par tous les moyens d’obtenir une explication. Elle a refusé de parler de ce qui s'était passé. Elle m’a seulement rappelé, que c’était normal puisque mon devoir était d’assumer une sexualité qu’elle trouvait peu réjouissante et peu digne de l’homme qu’elle avait connu. Donc c’était de ma faute et j’étais responsable… »

C’est lorsqu’elle est tombée enceinte que la violence a diminué pour un temps. Mais quelques mois après la naissance du bébé, Gary s'est de nouveau réveillé une nuit pour découvrir qu'il était menotté au lit.

Il dit : « ma partenaire m’a forcé à avaler du Viagra en me pinçant le nez pour que j’ouvre la bouche. Une fois qu’elle s’est assuré que c’était fait, elle m'a bâillonné. Je n'ai rien pu faire. J’étais incapable de me défendre. Pire, elle savait que j’avais des traitements incompatibles avec cette substance. Non seulement j’aurais pu mourir, mais je me suis senti sale, humilier au plus profond de moi. J’étais son jouet, sa chose… »

" Une fois le bâillon enlevé, je suis allé m'asseoir dans la douche. Je ne sais pas combien de temps... Il fallait que je frotte, que j’enlève toute trace de ce que j’avais vécu. J’étais sale, dégoutant, amoindrit parce que jamais je ne lui aurais fait de mal. Tout ce qu’elle représentait à mes yeux n’avait plus d’importance. Il fallait que j’enlève toute trace d’elle, que je me sente de nouveau moi, que je retrouve une dignité… J’ai jeté mon alliance dans les toilettes, et Je suis parti après cette expérience. J’ai divorcé, et je n’ai jamais voulu avoir de contact avec elle. Je n’ai jamais parlé de cela à notre enfant. J’ai gardé ce secret. Puis comment dire au juge que vos divorcez parce que votre femme vous a violée ? C’est une page que je devais tourner en gardant pour moi cette expérience. Quant à utiliser la violence contre elle, cela m’était impossible. Elle l’aurait certainement retournée au tribuna contre moi. Puis c’est plus facile à dire qu’à faire…»

Trois ans après, j’ai rencontré ma compagne actuelle, j’ai dû lui expliquer pourquoi je ne pouvais plus avoir une vie sexuelle normale. Ce que je retiens de cet aveu, c’est la honte, l’incrédulité, et la difficulté à me demander si vraiment j’ai été un homme au regard de la société. J’ai repris une vie presque normale aujourd’hui. Puis quand elle m'a demandé pourquoi je n'avais pas quitté la maison. Je n’ai pas su répondre autrement que par : je l’ai acheté pour mes enfants, ma famille »

 

Article écrit par Thierry MIGNON

sophrologue psychotérapeute.